La discrimination algorithmique

Soumis par francoispelletier le jeu 24/08/2017 - 23:50
Artificial Intelligence

Suite à la lecture d'un article paru en juillet dernier dans Bloomberg Businessweek, je trouvais important de partager un peu sur le sujet de la discrimination par les algorithmes.

Pour ceux qui sont moins familiers avec le domaine de l'intelligence artificielle, l'apprentissage automatique est une technique qui permet d'entrainer l'ordinateur à une tâche de reconnaissance. On lui donne des exemples auxquels on associe des caractéristiques (appelés variables explicatives) et une étiquette (variable réponse) partir desquels un ensemble de règles est déduit. C'est le modèle prédictif. Cet algorithme entrainé pourra ensuite prédire l'étiquette lorsqu'on lui fournira de nouvelles caractéristiques. L'enjeu de la discrimination survient lorsqu'on fournit un ensemble de données d'entraînement qui ont une ou plusieurs caractéristiques très similaires que l'on ne retrouvera pas nécessairement par la suite, lors de l'utilisation en pratique de ce modèle.

Joy Buolamwini

L'activiste Joy Buolamwini s'est intéressée à ce sujet alors qu'elle étudiait au Georgia Instutute of Technology. Un robot possédant une capacité de reconnaissance faciale permettait de détecter la présence de ses collègues, mais elle demeurait invisible. Il s'avère que le robot a été entraîné à partir d'une banque de photos d'individus de peau blanche et ne pouvait détecter son visage foncé. Six ans plus tard, elle fonde l'Algorithmic Justice League, afin de combattre les algorithmes biaisés. Les premiers travaux de ce groupe visent à aider les développeurs à vérifier le biais dans la reconnaissance faciale, les diagnostics médicaux, l'analyse de données massives et plusieurs autres systèmes. C'est le InCoding, la programmation inclusive. Je crois qu'il est important de considérer cet aspect à mesure que nous déploierons des algorithmes de plus en plus sophistiqués dans nos produits et services.

Vidéo: https://www.poetofcode.com/portfolio

Photo: MIT Media Lab, disponible sous licence CC-BY

N.B. Cet article est aussi paru sur ExcentriQ, la plate-forme collaborative de Desjardins